[RP] La mort de Ryu

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[RP] La mort de Ryu

Message  Réphaelle le 27/9/2014, 12:26

Contexte :

Il y a beaucoup à dire sur les scénarios successifs de Malicious Code, mais ce qui m'a inspiré est ici ce qui a été pour mon personnage un évènement tout particulier lors du scénario de clôture de la première campagne. Vu que je l'ai écrit hors du contexte de MC, l'univers est un peu expliqué. Au final en écrivant tout ça j'ai l'impression de n'avoir fait qu'un bref résumé, c'est resté quasiment sur le premier jet, ça mériterait sans doute d'être retravaillé / plus développé. Mais en attendant ça ne me semble pas si mal.

Puisque ce récit est un one-shot, même si je réécris sur cet évènement ce sera sans doute dans un autre contexte, donc n'hésitez pas à laisser vos commentaires en dessous !
Bonne lecture ! Wink



MALICIOUS CODE
LA MORT DE RYU

Aujourd'hui, je suis mort.
Vous pensez que c'est une entrée en scène dramatique qui devient courante ? Vous n'avez pas tord, mais pour moi ça n'en reste pas moins réel.

On m'appelle Ryu. Ce n'est pas mon nom toutefois. Mon nom, c'est Shin. Mais parce que c'est compliqué de s'y retrouver, "Ryu" est devenu une convention tacite pour me différencier du "vrai" Shin. Oui, le gars qui fait le con à côté et qui me ressemble comme deux gouttes d'eau. Ca me fait mal au cœur et à la gorge de le reconnaître, mais c'est lui, "l'original".
"Original". Ce mot est tellement douloureux. Il a été utilisé cette fois-là, et il restera toujours un signe de mauvais augure...
Etrangement, je n'ai pas cette impression. D'être la "copie". Pourtant je le sais mieux que personne. Né du corps de Shin, je suis là grâce à ceux qui m'ont sauvé. Un coup de tête, qui, je le vois sur nos corps respectifs, finira par nous coûter cher. Si ça n'avait été que moi, je ne l'aurais pas fait. C'est en cela que nous sommes différents. Il dit que je réfléchis trop. Je pense que lui pas assez. D'un côté heureusement, je vois certains aspects que lui ne perçoit pas. De l'autre cela nous causera un jour des cas de conscience.
Est-ce vraiment lui le "vrai" ? Son comportement est tellement instable, insolite que j'ai parfois du mal à le réaliser. Mais après tout c'est cette impulsivité qui m'a fait apparaître. Peut-être un jour serons nous identiques, mais en attendant même si nous avons une ligne de réflexion commune, nous restons imprévisibles l'un pour l'autre.

Pourquoi Ryu ? Peut-être vous êtes-vous posé la question. Ou pas. Ryu est un nom plutôt courant après tout. Mais pour lui, pour moi, pour nous, il a une consonance particulière.
Je sais qu'il aimerait croire que je suis son frère perdu. Mais il en a conscience, de plus en plus à chaque fois pour en avoir fait l'expérience, que son don d'ubiquité me rend bien plus proche de lui que ne pouvait l'être Ryu.
Comme les apparences sont trompeuses... Tout comme notre ressemblance, notre identité, trompe les gens autour, il veut tromper son propre esprit. Il en va de même pour moi, après tout nous sommes une seule et même personne, nous avons les mêmes aspirations. Sauf que l'illusion est bien moins tangible, moins crédible, moins forte dans mon cas. Car c'est moi qui porte le nom de Ryu.

A ce point, peut-être vous sentez-vous perdu et ne comprenez rien de ce que je raconte. C'est un tord, reprenons au début.
L'infection. C'est ce qui nous ronge et nous rend si extraordinaires. Je ne parle pas que de Shin, nous sommes plus nombreux que ça. Catapultés dans Tokyo. Contraints à nous battre pour survivre.
Tout a commencé en 2024. Une pandémie d'origine inconnue ravagea la capitale. La ville fut mise sous quarantaine à durée indéterminée, les survivants évacués. Parmi eux, des enfants, touchés par le virus sans que naisse le moindre symptôme de cette maladie mortelle. Des porteurs sains. Cheveux éclaircis, la plupart du temps tirant sur le blanc-blond, yeux rouges, ces Porteurs étaient aisément identifiables. J'en faisais partie. Ryu aussi.

Dix ans ont passé. Tokyo est toujours sous haute surveillance, interdite d'accès. Les Porteurs ont grandi, plus ou moins rassemblés en groupuscules dans les écoles, collèges, puis lycées. Jusqu'à ce jour où notre bus a été détourné.
Je formais avec quelques autres Porteurs un groupe de copains plus ou moins soudés. Nous étions les seuls présents dans le bus... et plus tard les seuls rescapés du crash. Je n'appellerais pas ça un accident. Il a été provoqué. Des cheveux mauves, c'est ce qui me revient spontanément quand j'y pense.
C'est ainsi que tout a commencé. Cette guerre menée au sein d'une Tokyo aux allures de ville fantôme. J'ignore comment mais le bus a été propulsé à l'intérieur de son enceinte. Protégée par des murs de bétons successifs, surmontés de mitrailleuses et gardés par des drônes militaires, nous sommes pris au piège.
Les uns après les autres, nous avons découvert des pouvoirs hors du commun. L'un pouvait manipuler l'électricité, un autre faire de la télékinésie, quid encore influencer l'esprit des autres... Et moi... vous avez dû le comprendre. La symbiose avec le virus nous a gratifiés de "codes" plus ou moins utiles, plus ou moins puissants... plus ou moins violents. Mais le prix à payer est cette infection qui avance indéfiniment, et nous condamne à tuer pour "mettre à jour" ces codes. Pour survivre.

Nous en sommes là. Les évènements nous ont séparés, rassemblés, nous ont fait faire de nouvelles connaissances, des alliés, des ennemis aussi. Le groupe a changé au fur et à mesure, nous avons perdus certains de nos amis, ignorant parfois leur sort.
Poursuivis par les Killers, les plus puissants des Porteurs dont l'objectif reste incertain, nous avons ralliés à nos côtés les survivants de leurs attaques et déploré nombre de leurs victimes. Nous ne sommes malgré tous nos efforts que peu nombreux pour faire face, les derniers de Tokyo à pouvoir résister. Ensemble nous sommes plus forts pour faire face à cette menace bien plus grande encore que tout le reste.
Je me sais observé, mais je sais que ce petit clan dont j'ai un temps fait partie n'interviendra pas. Depuis peu, Shin et moi pouvons communiquer sans parler, un partage empathique presque plus qu'un lien télépathique. Il partage les mêmes pensées que moi à cet instant. Les autres nous entourent. Leurs noms, leurs visages sont flous dans mes souvenirs, comme s'ils n'avaient pas d'importance. Alors qu'ils en ont.
Nous sommes tout juste sortis de l'immeuble que nous avons choisi comme base pour passer la nuit. Le temps de faire le point sur nos provisions et nos besoins de mise à jour, nous le savons déjà il est trop tard pour partir. Ils sont là.

Shin me regarde. La présence que l'on sent au plus profond de notre être a une puissance écrasante. Ils sont deux. Et parmi eux... Shin est complètement paumé. Il tremble comme une feuille. Je suis tendu aussi, mais plus posé que lui, j'arrive mieux à relativiser. Je ressens en double la confusion et le poids de la culpabilité.
Car pour survivre j'ai été contraint de livrer un jeune garçon aux griffes de la plus vicieuse et la plus dangereuse des Killers connus. "Du calme, Shin. Reprends-toi. Du calme." Peut-être qu'entendre la voix de son frère a eu de l'effet. Il est toujours tétanisé mais au moins il est debout.

A côté d'Echidna se trouve l'Elémentaliste au nom inconnu, qui s'amuse toujours à faire tournoyer cette flamme autour de son corps. Mais tous les regards sont tournés vers la pulpeuse et sculpturale manipulatrice. Un de mes compagnons s'insurge de griefs très personnels envers elle, elle a tué sa sœur. Ses paroles semblent lointaines, comme si seule la voix d'Echidna comptait. "Mais tu sais bien qu'elle vit à travers moi..." La révélation de son bras couvert des yeux de ses victimes en fait vaciller plus d'un.
Le pouvoir qui jaillit de son bras est celui de la petite sœur regrettée et immobilise le fauteur de trouble et ceux qui se trouvent près de lui. Pour les autres, la tueuse décide de faire preuve de générosité. Tombent alors devant nous les corps meurtris de plusieurs Porteurs, dont on peut aisément reconnaître l'identité. Amis de longue date ou plus récents, ils étaient présents à côté de nous au cours de cette aventure...
Selon Echidna, c'est un cadeau. Pour tous, une mise à jour gratuite, et pour les plus puissants d'entre nous, une invitation à rejoindre les Killers. Au-delà de la fatalité et de la tristesse, je grince des dents, Shin réussit à en plaisanter. Nous sommes exclus de sa proposition, notre pouvoir étant c'est certain, risible comparé à d'autres...

Un rire de petite fille. Mon sang ne fait qu'un tour, chez certains il se glace dans leurs veines. Joyeux, on croirait entendre le rire  d'une poupée... qui s'apprête à vous éviscérer. Et c'est bien le cas, un pouvoir sur le vide mis dans les mains d'une petite fille capricieuse. Yômi ne demande qu'à s'en servir, et nous sommes tous ses jouets.
Je remarque à peine la fille qui tourne de l'œil à côté de moi, car de nouveau la voix d'Echidna s'est élevée, semblant emplir l'espace. Sensuelle, terrible, destructrice. Elle arrête la folie meurtrière de la gamine avant que celle-ci n'ait touché ses proies. Mais pour moi il n'y a pas pire condamnation. "Ne touche pas les originaux."

Instinctivement je m'éloigne de Shin et des autres. Je sens le regard sans yeux de Yômi me chercher, me trouver, me fixer. La pensée de Shin rejoint la mienne, je sais déjà ce qui m'attend, il connaît la même crainte que moi mais ne l'accepte pas aussi facilement. Je ne peux que vivre ces quelques instants si courts et si longs et anticiper ma propre fin, impuissant.
Je sens mon corps se déchirer comme si le vide autour de moi voulait se combler avec les atomes de ma chair. Je le sens presque au niveau cellulaire, moléculaire. Mais dans la réalité visible cela est bien plus rapide et bien moins propre. Une chaleur atroce, une douleur indescriptible. Alors que la moindre parcelle de mon corps se voit séparée des autres mon esprit se rapproche du sien. Je me sens mourir autant que je le vois. Mon corps explose pour finalement ne laisser plus aucune trace de ce que j'étais.

Je reprends mon souffle, sous le choc. J'ai beau ne pas me soucier de grand-chose, je ne peux rester indifférent face à ma propre destruction. Je sens encore la souffrance déchirer mes membres et mes entrailles, l'agonie fendre mon cœur et le réduire en cendres, et ces pensées... Je me suis vu être réduit en miettes sanguinolentes, mais c'était moi...
Souvenirs communs. Je suis Shin, et je découvre les conséquences de mon pouvoir.
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